La fast fashion est un modèle de fabrication de vêtements rapide et bon marché, conçu pour suivre les tendances de mode en changeant souvent, par le biais de nouvelles collections très régulières, le plus souvent au détriment de la qualité et des conditions de travail.
Depuis le XXe siècle, les vêtements sont de plus en plus considérés comme des articles à usage unique et l’industrie s’est fortement mondialisée. Les vêtements étant généralement conçus dans un pays, fabriqués dans un autre et vendus dans le monde à un rythme de plus en plus rapide.

Sommaire
Les dessous troublants de la fast fashion
La fast fashion, synonyme de surconsommation textile, s’est taillée une place prépondérante dans le secteur de l’habillement depuis les années 2000. Bien que cette industrie attire par ses collections fréquentes et à bas prix, elle a des répercussions néfastes sur l’environnement et sur les droits des travailleurs. Cet article examine les coulisses de la fast fashion et propose des alternatives plus durables et éthiques.
⏳ L'histoire et l'essor de la fast fashion
La fast fashion a émergé dans les épicentres de la mode tels que New York et Londres au début des années 1990. Des marques comme Zara, H&M, Forever 21 et Topshop ont su conquérir le marché en introduisant jusqu’à 36 collections par an, contre seulement quatre pour les marques de mode traditionnelle. Le fondateur de Zara, Amancio Ortega, a révolutionné le secteur en proposant des vêtements inspirés des modèles haut de gamme à des prix accessibles.
Stratégies commerciales et pratiques douteuses
Pour réduire les coûts de production, les marques de fast fashion externalisent leur fabrication dans des pays où les salaires sont relativement bas. De plus, elles contrôlent toutes les étapes de la production, ce qui raccourcit le délai entre la conception des produits et leur arrivée en magasin.
- Utilisation intensive de la publicité pour créer un sentiment d’urgence chez les consommateurs.
- Fabrication de vêtements à partir de matériaux synthétiques peu durables.
- Gestion des stocks visant à induire la rareté et stimuler la demande.
- Prix très bas et très souvent en promotion afin d’inciter à la consommation.

L'impact environnemental DE LA FAST FASHION
💧 Pollution de l'eau
La production textile est l’une des industries les plus polluantes au monde. Pour fabriquer un kilogramme de coton, il faut environ 10 000 à 20 000 litres d’eau. Les matériaux comme le polyester, très utilisés du fait de leur faible coût, libèrent des microfibres plastiques lors des lavages, contaminant ainsi les eaux douces et marines. D’après un rapport de l’ONU, il y a environ un demi-million de tonnes de microfibres qui se déversent dans l’océan à travers notre machine à laver et nos vêtements préférés, ce qui équivaut à 3 millions de barils de pétrole. Dans l’ensemble, l’industrie de la mode représente environ 20 % des eaux usées mondiales.
Carburants fossiles et émissions de gaz à effet de serre
Le recours aux matériaux non-renouvelables comme le polyester, spandex, nylon ou acrylique contribue également aux émissions de gaz à effet de serre. En outre, la culture du coton nécessite d’énormes quantités d’eau et de pesticides, aggravant totalement le problème écologique. Le rapport de l’ETC souligne que l’industrie du textile est responsable de 1,2 milliard de tonnes de CO2 par an, ce qui représente plus que les émissions des vols internationaux et du transport maritime combinés. Selon le rapport de Quantis, l’industrie de l’habillement et de la chaussure représente 8% de l’impact climatique mondial.
Gaspillage vestimentaire
Les vêtements de fast fashion sont souvent de mauvaise qualité, ce qui réduit leur durée de vie et complique leur revente ou don. Beaucoup de ces articles finissent brûlés ou enfouis, surtout lorsqu’ils ne trouvent pas preneur, résultant en un gaspillage considérable. D’après l’ADEME, chaque Français achète en moyenne 9,2 kg de vêtements et en jette 3,1 kg chaque année.
Le recyclage, fausse solution pour le moment
Selon la Fondation Ellen MacArthur, seulement 1% du matériau utilisé pour fabriquer des vêtements est désormais utilisé pour fabriquer de nouveaux vêtements.
McKinsey estime qu’au total, moins des deux tiers de la production mondiale finissent dans des décharges ou des incinérateurs. De plus, une partie importante de celui-ci est fabriquée à partir de tissus synthétiques qui contiennent des composés hautement toxiques.

LeS IMPACTS SOCIAUX DE LA FAST FASHION
👷♀️ L'exploitation des travailleurs
Près de 70% des vêtements vendus en France sont fabriqués dans des conditions de travail déplorables principalement en Asie du Sud-Est. Par exemple, les ouvriers du textile au Bangladesh gagnent approximativement $0.32 de l’heure (somme à corréler au niveau de vie et salaires pour juger) et travaillent souvent dans des bâtiments insalubres comme le Rana Plaza, dont l’effondrement en 2013 a causé la mort de plus de 1000 personnes. Un rapport de Public Eye souligne les conditions extrêmes dans lesquelles travaillent les ouvriers du textile, souvent sans sécurité ni protections adéquates.
Risques sanitaires pour les agriculteurs de coton
Les cultivateurs de coton, en particulier ceux utilisant des semences génétiquement modifiées, font face à de sérieuses menaces pour leur santé dues à l’utilisation intensive de pesticides. Ces conditions ont entraîné une dépendance malsaine envers les entreprises de semences telles que Bayer-Monsanto. Un document de Greenpeace indique que 77 millions de travailleurs agricoles souffrent d’empoisonnement aigu par les pesticides chaque année.
♻️ Vers une mode éthique et durable : Initiatives
Greenpeace et la campagne Detox
Greenpeace a lancé le Défi Detox invitant les marques à adopter des processus de production sans toxines avec trois grands principes : prévention et précaution, droit à l’information, et élimination des substances dangereuses. Cette initiative vise à diminuer les rejets toxiques dans l’eau et améliorer la transparence des chaînes de production.
Collectifs pour une meilleure condition de vie des travailleurs
Des groupes comme Ethical Fashion Collective œuvrent pour dénoncer les mauvaises conditions de travail et promouvoir des pratiques éthiques. Leur campagne « Made in Cambodia » met en lumière les contraintes subies par les ouvrières cambodgiennes.
La mode Éthique / slow fashion, À la rescousse
Tout le monde ne reste pas indifférent face à cette situation, j’imagine que vous non plus qui êtes arrivés au bout de cet article. Certaines personnes ont donc décidé d’agir, de nombreuses marques éthiques se tournent vers la slow fashion qui promeut une consommation responsable grâce à des alternatives durables et écologiques. Par exemple, en fabricant des vêtements en coton biologique, en lin, en chanvre. En revenant à des circuits courts, en Europe ou en France, même si ça reste un défi encore aujourd’hui, surtout pour rester dans des tarifs accessibles.
Dans la jungle du greenwashing, on vous invite à regarder les labels comme GOTS, OEKO-TEX, OCS, GRS, FAIRWEAR, ou PETA. En tous cas, vous pouvez compter sur Saobio pour vous permettre de découvrir des marques de modes éthiques respectueuses de l’environnement, des travailleurs et de la vie animale. Mais aussi respectueuse de vous, consommateurs, en vous proposant des articles de qualité, avec transparence, à des prix justes.